« Maritime ou aérien ? » C'est l'une des questions les plus fréquentes que nous recevons. La réponse intuitive — « le maritime est moins cher, donc je prends maritime » — est juste la moitié du temps. Pour l'autre moitié, l'aérien est en réalité plus rentable une fois tous les coûts pris en compte. Voici la méthode comparative que nos chefs de projet utilisent pour trancher.
Critère 1 — Le coût
Le maritime se facture en USD par mètre cube (LCL) ou au forfait par conteneur (FCL). L'aérien se facture en USD par kilogramme, avec une notion de « poids volumétrique » : si votre marchandise est légère mais volumineuse, on retient le plus défavorable entre le poids réel et le volume × 167 kg/m³.
- Maritime LCL Chine → Douala : 180–280 USD/m³
- Maritime FCL 20' : 2 800–4 500 USD pour ~ 28 m³ utiles
- Aérien Chine → Douala : 5–9 USD/kg porte-à-porte
Critère 2 — Le délai
C'est la différence la plus visible. Le maritime depuis la Chine vers Douala prend 25 à 30 jours de mer, plus 5 à 10 jours de dédouanement. L'aérien prend 5 à 8 jours porte-à-porte, dédouanement compris.
Règle : si votre marge est supérieure à 50 % et que le manque à gagner d'un mois de rupture de stock dépasse le surcoût aérien, partez en aérien.
Critère 3 — Le volume admissible
L'aérien est strictement plafonné par les compagnies cargo. Au-delà de quelques centaines de kilos, le tarif au kg cesse de baisser et le service devient compliqué. Le maritime, lui, est conçu pour les gros volumes — un 40' transporte jusqu'à 28 tonnes.
- 1–200 kg → aérien sans hésiter
- 200 kg–1,5 t → comparer les deux
- > 1,5 t ou > 8 m³ → maritime presque toujours
Critère 4 — La fragilité et la sécurité
L'aérien manipule la marchandise moins souvent (1 chargement, 1 déchargement, 1 inspection). Le maritime implique plusieurs manipulations (entrepôt fournisseur, groupage, port d'embarquement, dégroupage à l'arrivée). Pour des produits fragiles (verre, électronique haut de gamme, instruments médicaux), l'aérien réduit considérablement le risque de casse.
Côté sécurité, l'aérien offre aussi un taux de vol bien inférieur. Au port de Douala, les conteneurs LCL mal scellés peuvent perdre 2 à 5 % de leur contenu.
Critère 5 — L'urgence commerciale
Quand un client attend, chaque jour coûte. Si votre commande est en réassort sur un produit qui marche, l'aérien préserve votre chiffre d'affaires. Sur les nouveautés non testées, le maritime permet de limiter le risque sur le premier lot.
Exemple chiffré : commande de 500 kg / 2 m³ d'électronique
Prenons un cas réel souvent rencontré chez nos clients revendeurs : 500 kg d'écouteurs Bluetooth, valeur fournisseur 4 000 USD, départ Shenzhen.
Option maritime LCL
- Fret LCL 2 m³ × 230 USD/m³ = 460 USD
- Frais THC + B/L : ~ 180 USD
- Délai porte-à-porte : ~ 35 jours
- Total fret : ~ 640 USD
Option aérienne
- 500 kg × 7 USD/kg = 3 500 USD
- Délai porte-à-porte : ~ 7 jours
- Total fret : ~ 3 500 USD
Différence : 2 860 USD en faveur du maritime. Sur cette commande, l'aérien n'est rentable que si : (a) votre marge dépasse 50 % et la marchandise est vendue en moins d'une semaine, ou (b) vous êtes en rupture de stock totale et chaque jour de vente perdu coûte plus de 100 USD.
La règle simple qu'on utilise en interne
Chez Solution Transit, nous appliquons depuis 19 ans la règle empirique suivante :
- Si le ratio prix-fournisseur / kg dépasse 50 USD/kg → l'aérien est presque toujours pertinent (les frais de fret sont noyés dans la marge).
- Si le ratio est entre 10 et 50 USD/kg → comparaison fine selon urgence et trésorerie.
- Si le ratio est inférieur à 10 USD/kg → maritime systématiquement.
Conclusion
Maritime et aérien ne sont pas concurrents : ce sont deux outils complémentaires. Le bon importateur sait basculer de l'un à l'autre selon la commande. Si vous hésitez pour votre prochain envoi, demandez-nous un devis comparatif : nous chiffrons les deux options en parallèle et vous indiquons celle qui maximise votre marge réelle.
